Francis Scarpaleggia

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Lac-Saint-Louis

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Discours : Budget 2018

Madame la Présidente, c’est avec grand plaisir que je vais partager mon temps de parole aujourd’hui avec le député de Scarborough—Guildwood.

Je suis très heureux d’avoir la possibilité de faire connaître mon point de vue, au nom des bonnes gens de Lac-Saint-Louis, sur ce que je considère comme un budget essentiel, non pas en raison des sommes dépensées, mais en raison des changements structuraux à long terme qu’il engendrera graduellement, des changements qui favoriseront à la fois la croissance économique et la justice sociale. L’approche des libéraux à l’égard du pouvoir tient compte de ces deux objectifs. La croissance sans justice serait incomplète et, pour qu’il y ait une justice sociale, il faut de la croissance.

Comme je l’ai mentionné au début, ce n’est pas un budget qui décrit de grands investissements. Les budgets précédents et la mise à jour économique traitaient de notre investissement de 180 milliards de dollars pour renouveler les infrastructures du Canada au cours des 12 prochaines années. J’aimerais prendre quelques minutes pour parler de cet énoncé économique et de ces budgets, car ce sont des dépenses qui permettront de jeter les bases d’une hausse de la productivité et d’une croissance économique, des dépenses visant à encourager la création de réseaux et de grappes qui sont au coeur même de l’innovation.

Je pense plus particulièrement à ma région du pays. Je pense aux investissements du gouvernement fédéral pour faire du nouveau système ferroviaire à Montréal une réalité. Le Réseau électrique métropolitain reliera la Rive-Sud, en face de Montréal, et l’Ouest-de-l’île et traversera l’aéroport et le Campus Saint-Laurent de Technoparc. C’est ce genre d’investissements qui créent des perspectives de croissance à long terme et à moyen terme.

Le budget de 2018 vise d’importants objectifs. Comme je l’ai mentionné, je crois qu’il favorisera la création de changements structuraux, mais je suis ravi de souligner qu’il le fera dans un contexte de réduction du déficit et des taux d’endettement. Par exemple, en ce qui concerne le déficit budgétaire prévu, exprimé en pourcentage du PIB, on constate qu’il passera de 0,9 % à 0,6 %, puis à 0,5 %. Quant à la dette fédérale, exprimée en pourcentage du PIB, elle passera de 31 % à 28,4 %. C’est important. De nombreux habitants de ma circonscription m’ont signalé qu’il est très important pour eux que les déficits soient maîtrisés et que nous remboursions une partie de la dette accumulée au cours des années, y compris sous le gouvernement précédent.

J’aimerais mentionner un investissement très important qui est prévu dans le budget. Il s’agit de la décision d’investir plus de 900 millions de dollars sur cinq ans dans la recherche fondamentale. Autrement dit, le budget tient compte des recommandations contenues dans le rapport Naylor et de l’avis de la communauté scientifique, qui reconnaît l’importance d’investir dans la recherche fondamentale, c’est-à-dire le genre de recherche qui ne nous dit pas ce qui résultera du processus, parce que nous ne le savons tout simplement pas. La recherche pourrait donner lieu à un résultat tout à fait inattendu, un résultat favorisant la création d’emplois et la croissance économique. Cette recherche pourrait faire en sorte que de nouvelles entreprises embaucheront des employés, dont de nombreux jeunes, dans le domaine des sciences, des sciences de pointe. Ces employés auront donc des emplois bien rémunérés.

En parlant des investissements que nous allons faire dans la science fondamentale, j’aimerais remercier un de mes concitoyens, le Dr Terry Hébert, chercheur à l’Université McGill. Son titre précis est professeur au Département de pharmacologie et de thérapeutique de l’Université McGill. C’est en quelque sorte un conseiller. Cela fait quelques années qu’il me parle de l’importance de la science fondamentale, et j’aimerais citer un article qu’il a écrit avec deux autres associés dans Le Devoir du 2 août 2017, « L’innovation de demain nécessite du financement aujourd’hui ».

On aurait pu dire: « L’innovation de demain et la croissance économique de demain nécessitent du financement aujourd’hui ».

Je vais citer l’article:

« Grâce à la recherche fondamentale sur la biologie des protéines membranaires, financée par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), nous avons mis en œuvre de nouvelles stratégies qui ont mené à des traitements contre la fibrose kystique […] Au moment où ces recherches ont été menées, personne n’aurait pu savoir que cela mènerait à la découverte de molécules thérapeutiques et d’approches thérapeutiques prometteuses, ainsi qu’à la création d’entreprises locales de biotechnologie ou à des collaborations avec des entreprises pharmaceutiques à l’échelle internationale. »

En prévoyant des investissements dans la recherche fondamentale, ce budget ouvre la voie à la croissance économique et à des découvertes scientifiques qui contribueront notamment au traitement de maladies.

Ce budget fait une autre proposition constructive et très importante pour l’avenir économique du pays. Il vise à accroître l’offre de main-d’oeuvre. J’aimerais citer le gouverneur de la Banque du Canada, qui a fait un discours à l’Université Queen’s; je crois que c’était il y a une semaine ou deux. Son discours, qui portait sur le marché du travail, parlait de la nécessité d’accroître l’offre de main-d’oeuvre.

Je cite le discours de M. Poloz: « […] [C]ette croissance économique […] se matérialisera uniquement si des personnes sont disponibles pour occuper les postes créés. Par conséquent, il est essentiel que le marché du travail soit sain et fonctionne bien […] » Il ajoute ceci: « Après avoir analysé une gamme d’indicateurs du marché du travail beaucoup plus étendue, la Banque en est venue à la conclusion qu’il subsiste une certaine marge d’offre inexploitée au sein de l’économie. »

Le budget vise à développer une partie de ce potentiel inexploité. À cette fin, il propose de se concentrer sur certains groupes qui, malheureusement, affichent un taux de participation au marché du travail trop faible pour que nous puissions stimuler le plus possible la croissance économique. Cela comprend les jeunes. Ils font partie de ce potentiel inexploité.

Le gouverneur Poloz a dit ceci:

« Ce qu’il faut retenir, c’est que les jeunes représentent un important potentiel de croissance inexploité. Si le taux d’activité des jeunes Canadiens revenait près de son niveau d’avant-crise, plus de 100 000 jeunes supplémentaires auraient un emploi. »

Comment le budget favorise-t-il l’emploi chez les jeunes? Il prévoit un investissement supplémentaire de 448,5 millions de dollars sur cinq ans, à partir de 2018-2019, pour continuer de faire croître le nombre d’emplois d’été. Le député d’en face a mentionné le programme Emplois d’été Canada. Les sommes que le gouvernement y investit favoriseront une participation accrue des jeunes au marché du travail.

Le budget vise aussi à augmenter la participation des femmes au marché du travail. En effet, comme l’a dit le gouverneur Poloz dans le discours qu’il a prononcé à l’Université Queen’s:

« L’augmentation de la participation des femmes au marché du travail recèle un potentiel de croissance économique encore plus grand. Si le taux de participation à la population active des hommes dans la force de l’âge est de quelque 91 %, celui des femmes n’est que d’environ 83 %.»

Il a ensuite ajouté:

« L’histoire démontre qu’on peut réduire cet écart. Prenons l’exemple du Québec, où, il y a 20 ans, la participation des travailleuses dans la force de l’âge se situait autour de 74 %. Le gouvernement provincial a ciblé les obstacles qui empêchaient les femmes d’intégrer la population active et ont pris des mesures pour les réduire, notamment en diminuant les frais de garderie et en prolongeant le congé parental. En quelques années seulement, la proportion des Québécoises dans la force de l’âge qui avaient un emploi a dépassé celle des femmes dans le reste du pays. Aujourd’hui, le taux de participation des Québécoises dans la force de l’âge est d’environ 87 %. »

Les députés se souviendront que, dans son discours, le ministre des Finances a dit que si les Canadiens et les Canadiennes avaient des taux égaux de participation, le PIB augmenterait de 4 % et cela compenserait le ralentissement économique causé par le vieillissement de la population, lequel entraîne, bien sûr, le retrait de travailleurs de la population active. Donc, pour faciliter la participation des femmes, ce budget a introduit le congé parental partagé, qui incitera les couples à partager le congé pour que les deux personnes puissent gérer leur carrière pendant que la famille grandit.

Somme toute, je conclus qu’il s’agit d’une bonne structure budgétaire qui apportera des résultats positifs à long terme.