Francis Scarpaleggia

Votre député de


Lac-Saint-Louis

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Discours : Conseil de la rivière des Outaouais

Monsieur le Président, j’ai le plaisir de me lever cet après-midi pour appuyer la motion M-104, parrainée par mon collègue d’Ottawa-Sud, avec qui je siège à la Chambre depuis notre élection, qui a eu lieu la même année.

J’aimerais prendre un moment pour rendre hommage à mon collègue. C’est un grand environnementaliste, un avocat dans le domaine de l’environnement qui m’a beaucoup aidé dans mon propre cheminement dans le dossier auquel je m’attarde principalement, soit celui de l’eau douce au Canada. Il m’a souvent fait part de ses connaissances.

J’aimerais aussi rendre hommage au député de Pontiac, qui est assis derrière moi et que je connaissais avant qu’il soit élu. Il m’a aussi offert de bons conseils en tant qu’avocat spécialisé en environnement. J’avais communiqué avec lui avant son élection pour lui demander conseil et pour bénéficier de ses connaissances en matière d’eau et d’environnement.

J’aimerais parler un peu de ma circonscription, car sa situation géographique est très pertinente dans le cadre du débat sur cette motion. C’est l’une des raisons pour lesquelles je me lève ce soir pour prêter mon appui à la motion.

Ma circonscription peut être qualifiée d’urbaine. Elle se trouve en banlieue du centre-ville de Montréal et couvre la partie extrême ouest de l’île de Montréal. Ce qui peut sembler surprenant, c’est qu’elle est entourée d’eau à presque 75 %. Il y a peu de circonscriptions urbaines qui se trouvent dans la même situation. Au sud de la circonscription se trouve le fleuve Saint-Laurent, ou plus précisément le lac Saint-Louis, qui fait partie du fleuve Saint-Laurent, et du côté nord, on retrouve la Rivière-des-Prairies. À la pointe ouest de la circonscription, il y a le lac des Deux-Montagnes, et ceux qui connaissent un peu la géographie de cette région sauront que c’est là où le fleuve Saint-Laurent et la rivière des Outaouais se rencontrent.

La rivière des Outaouais est donc tributaire du fleuve Saint-Laurent, et son cours d’eau se jette dans le lac Saint-Louis. D’ailleurs, ceux qui font du bateau savent que l’on peut voir deux flux d’eau, un qui est un peu brouillé et qui provient de la rivière des Outaouais, et un autre qui est plus clair, soit le flux du Saint-Laurent qui provient de l’Ontario. Bref, ce qui se passe dans la rivière des Outaouais et dans le bassin versant de la rivière des Outaouais a un effet direct sur l’environnement qui entoure ma circonscription.

Je viens de dire en anglais que ce qui se produit dans la rivière des Outaouais a des répercussions directes sur ma collectivité, car elle est située au confluent de la rivière des Outaouais et du fleuve Saint-Laurent. Par ailleurs, comme je l’ai mentionné auparavant, les plaisanciers me disent qu’ils peuvent voir où la rivière des Outaouais se jette dans le lac Saint-Louis, car l’eau n’est pas de la même couleur.

La rivière des Outaouais est majestueuse en elle-même. Voici certaines de ses caractéristiques. Elle s’étend sur 1 270 km. Son bassin versant couvre 140 000 kilomètres carrés. Elle compte 17 affluents. Elle côtoie 200 municipalités, dont les villes d’Ottawa et de Gatineau. Elle fournit de l’eau potable à plus d’un million de personnes. On y retrouve 50 barrages et centrales hydroélectriques. Elle comprend 300 petits bassins ou réservoirs et installations de régulation des eaux. On y retrouve plus de 30 plages. La qualité de l’eau est donc très importante pour les gens du bassin versant qui utilisent les plages pour leurs loisirs et pour se rafraîchir lors des étés humides et chauds dans l’Est du Canada.

On compte 85 espèces de poissons et 300 espèces d’oiseaux dans le bassin versant. On me dit que son débit est plus grand que celui de tous les affluents de l’Europe de l’Ouest, ce qui est assez remarquable. Il ne s’agit pas d’un petit cours d’eau ni d’une petite rivière. C’est une rivière d’importance et son bassin versant est donc l’un des principaux bassins versants au Canada.

Jusqu’ici, malheureusement, il n’y a qu’un seul organisme de coordination qui supervise certains aspects de la gestion de la rivière, et bien sûr, je parle de la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais, dont la création remonte semble-t-il à 1983. Les gouvernements de l’Ontario et du Québec collaborent principalement pour assurer la gestion intégrée des barrages et des réservoirs de la rivière dans le but de prévenir les inondations et de produire de l’énergie hydroélectrique. La motion est déposée parce que même si cet organisme de collaboration existe depuis longtemps déjà, le bassin versant de la rivière des Outaouais mérite une attention plus grande.

Il y a eu un pas dans la bonne direction. Les gouvernements de l’Ontario et du Québec ont créé un comité mixte sur la gestion de l’eau pour protéger les ressources hydriques qu’ils partagent. Nos provinces sont très liées par ces voies navigables communes. La motion M-104 est en réalité le prolongement logique pourrait-on dire de cette initiative antérieure qui a donné lieu à la création de ce comité mixte Ontario-Québec pour la gestion de l’eau. En fait, la motion M-104 donnerait renforcerait cette structure initiale de gestion conjointe.

Ma circonscription se trouve en bordure du fleuve Saint-Laurent, et heureusement, le fleuve Saint-Laurent a été l’objet d’une attention relativement soutenue de la part du gouvernement au cours des 25 dernières années; je parle bien sûr du Plan d’action Saint-Laurent. Ce plan d’action pourrait d’une certaine manière servir de modèle pour le genre de conseil coopératif que le député d’Ottawa-Sud essaie de mettre sur pied.

Le Plan d’action Saint-Laurent a créé une structure de gestion verticale et horizontale hautement intégrée visant essentiellement à assurer la surveillance du fleuve Saint-Laurent et de ses rives et à servir de cadre au niveau local et à des paliers supérieurs de gouvernement, pour des initiatives visant à préserver le fleuve Saint-Laurent.

Les comités ZIP constituent l’un des aspects les plus intéressants du Plan d’action Saint-Laurent. L’acronyme ZIP signifie zones d’intervention prioritaire, et il y en a 13 tout le long du fleuve Saint-Laurent. En gros, ces ZIP divisent le fleuve Saint-Laurent en zones écologiques et en zones urbaines. Je suppose que nous pourrions les comparer aux secteurs préoccupants, que nous avons dans les Grands Lacs et ailleurs, mais ces ZIP ne se limitent pas simplement aux secteurs problématiques du fleuve Saint-Laurent. Leur principal objectif est de susciter la participation des citoyens et des parties prenantes. En d’autres termes, les comités ZIP sont là pour encourager les communautés à prendre en main la protection de la partie du fleuve Saint-Laurent qui coule dans leur région. Ces 13 ZIP sont gérées ou coordonnées collectivement par une organisation ayant pour nom Stratégies Saint-Laurent, regroupement de groupes environnementaux du Québec dirigé par l’Union québécoise pour la conservation de la nature. L’UQCN joue un rôle de premier plan dans la coordination des activités de ces groupes.

Il y a également une coordination des parties prenantes à des paliers supérieurs. Il y a ce que j’appellerais un conseil du Saint-Laurent. Il ne s’agit pas d’une appellation officielle, mais de nombreux ministères fédéraux et ministères provinciaux du Québec, ainsi que d’autres parties prenantes, les Premières Nations, se réunissent pour superviser la gestion du Saint-Laurent aux paliers supérieurs.